Mon enfant ne me parle pas : 9 clés pour rétablir la communication

Comment rétablir la communication avec son enfant?

 

La fin de la journée d’école a sonné. Vous récupérez votre enfant et lui lancez «  Alors ? Ta journée s’est bien passée ? ». Vous espérez qu’il vous fasse un débriefing complet et détaillé de sa journée. Seulement voilà : il ne répond rien. C’est tout juste s’il hausse les épaules. Silence. Calme plat.

Que vous insistiez ou que vous accusiez le choc en silence, vous vous inquiétez de voir que votre enfant ne se confie pas ou plus à vous et vous imaginez peut être même les pires scenarios. La communication entre votre enfant et vous est un gage de relation saine et vous souhaitez maintenir ou créer cette connexion nécessaire pour devenir la confidente privilégiée de votre enfant.

Eléments indispensables (quoique trop souvent négligés) et astuces pratiques, découvrez tout cela au travers des 9 clés suivantes pour éviter de vous retrouver face à un mur à votre prochaine tentative et construire une communication privilégiée avec votre enfant.

 

1. Tous les moments ne se valent pas

Le premier point essentiel à rappeler, bien qu’il puisse paraître évident, est d’entamer une discussion lorsque le moment s’y prête, loin de la fatigue de la fin d’une journée d’école ou du rythme effréné des matins.

Si l’enfant est en pleine construction Légo ou affairé à ses devoirs, il risque fort de n’écouter que d’une oreille. 

Si vous préparez le diner ou si vous êtes au téléphone, mieux vaut également remettre la discussion à plus tard.

Vous pourrez si le cœur vous en dit proposer à votre enfant un rendez vous, un moment en tête à tête pour échanger l’un l’autre sans pour autant que cela ne nécessite de bloquer une après midi entière.

Privilégions toujours la qualité à la quantité.

 

2. Etre PLEINEMENT disponible

Le moment idéal se présente, vous êtes au calme, tous les deux. Et alors que votre enfant balbutie quelques mots, la sonnerie d’une notification vient perturber l’instant…

Pour éviter ce type de scénario, on prendra soin de mettre nos téléphones en mode avion et d’avoir du temps (quelques minutes suffisent) devant nous afin de ne pas couper l’enfant en plein élan.

Etre présente physiquement ne suffit pas. Il est nécessaire d’être pleinement disponible d’esprit et de le montrer à votre enfant. Il comprendra alors que ces échanges sont véritablement importants à vos yeux et qu’il a toute votre attention.

Vos sms, mails et autres attendront :

Le mode avion est une déconnexion nécessaire pour mieux vous connecter à votre enfant.

 

3. Exit les tabous et les interrogatoires

Le titre donné à cette clé se passerait presque de commentaire. Enfin presque.

Si votre objectif est de rétablir la communication avec votre enfant, ces deux excès sont de véritables poisons à éviter absolument.

Vouloir que votre enfant partage quelques bribes de sa journée est une chose, le harceler de questions comme s’il subissait un interrogatoire de police en est une autre.

Le seul résultat que vous risqueriez d’obtenir est justement celui que vous souhaiteriez éviter à tout prix : un enfant dont les lèvres se scellent un peu plus à chaque question et qui pense que vous ne lui faites pas assez confiance.

De même, s’il existe des tabous dans votre famille, qu’il s’agisse de la mort, de la sexualité ou autre, il est normal que votre enfant éprouve des réticences à se confier à vous sur ces sujets.

L’information est disponible partout autour de nous, assurez vous d’être la personne auprès de qui votre enfant souhaitera venir obtenir des réponses à ses questions.

 

4. Ecoutez VRAIMENT

Logique me direz vous. Vous ne demandez que ça.

Pourtant, il n’est pas rare de voir que lorsque l’enfant se confie, le parent en profite pour rejeter vivement une attitude ou une opinion voire choisisse ce moment pour se lancer dans une grande leçon de morale.

Il s’agira de développer une écoute bienveillante, sans jugements ni appréciation, afin que votre enfant se sente pleinement en confiance.

Notez mentalement ce que vous souhaiteriez répondre dans le feu de l’action et revenez y plus tard.

Soit cela vous semblera inutile et vous vous féliciterez de ne pas avoir gâché l’instant pour ça.

Soit cela vous paraitra toujours aussi important et vous pourrez alors en parler à un autre moment avec votre enfant : vos mots n’auront que plus d’impact.

En étant pleinement attentive et à l’écoute, vous offrez à votre enfant l’espace nécessaire pour s’exprimer et vous pourrez ainsi apprécier de découvrir sa personnalité de manière authentique.

Rappelez-vous :

Notre créateur nous a donné DEUX  oreilles pour UNE seule bouche. A méditer…

 

5. C’est tout un art !

Au point précédent, nous avons vu l’importance de l’écoute bienveillante dans la construction d’une communication saine et riche avec votre enfant.

Ecouter c’est très bien mais qui dit communication dit échange. C’est là que le poids des mots fait son entrée et surtout l’importance de poser les bonnes questions. C’est un art qui se travaille et demande un peu d’entrainement mais qui est néanmoins essentiel.

Vous n’obtiendrez certainement pas les mêmes réponses avec les deux questions suivantes :

« Ta journée s’est bien passée ? » et « Alors cette leçon d’Histoire ?».

Qu’est ce qui différencie la première de la seconde ?

Avec la première formulation, on n’initie pas de réel échange. Il s’agit d’une question rhétorique à laquelle un oui ou un non en retour peut suffire pour répondre. D’ailleurs, remarquez comme elle induit déjà une réponse : on ne demande même pas COMMENT s’est passé la dite journée mais seulement si elle s’est BIEN passée. Autant dire que si votre enfant a eu quelques déboires, il n’en laissera rien paraître.

Avec la seconde au contraire, on fait noter à l’autre que l’on sait de quoi ses journées sont faites, que cela nous importe et que l’on est véritablement curieuses de savoir comment il les a vécu.

Une nuance qui peut vraiment faire la différence.

6. Et vous ?

Qu’en est-il de vous ? Est-ce que vous parlez volontiers de votre journée à votre (vos) enfant(s) ? A votre conjoint, vos proches, vos amies ?

Ce n’est un secret pour personne : les enfants nous observent et apprennent de nos comportements.

Il est donc indispensable de se poser cette question : Quel genre de communication ai-je au quotidien avec les autres (et pas seulement avec mon enfant)?

Observez sincèrement ce point avec bienveillance et faites le nécessaire si vous remarquez que vous avez du chemin à parcourir vous aussi dans ce domaine.

7. Lâcher prise

Sans pour autant être dans une démarche d’interrogatoire comme celle que nous avons évoquée plus tôt, parfois l’attente de réponse que nous avons met une certaine pression sur nos enfants. Et parfois celle-ci sera jugée comme étant trop forte.

Chacun est différent et d’un enfant à l’autre, cela peut être perçu de manière très différente. Toutefois et même si ce point peut s’avérer particulièrement difficile à appliquer, il est parfois nécessaire de simplement lâcher prise, d’accepter de rester sans réponse.

L’enfant, libre de toute attente, se sent parfois bien plus enclin à parler et initiera peut-être même le début de l’échange.

Si ce n’est toutefois pas le cas, acceptez que votre enfant puisse vouloir garder une certaine intimité et assurez lui simplement que vous serez toujours là s’il en éprouve le besoin. D’ailleurs, il arrive parfois que votre seule présence suffise pour rassurer l’enfant. Votre corps, votre attitude et vos marques d’affection parlent elles aussi.

Plus de la moitié de notre communication passe par le non verbal.

8. Tisser du lien

Nous arrivons à l’un des points les plus importants à mes yeux.

Les échanges seront d’autant plus riches et nombreux que la relation aura d’occasions de se construire et de se renforcer en dehors de ces conversations. Chaque moment partagé, de la partie de jeux de société des jours de pluie à la préparation d’un gâteau à quatre mains, en passant par vos balades en nature : tous ces moments renforcent votre relation et vous permettent également de construire les bases de la communication  épanouissante que vous espérez.

On se confie bien plus volontiers à ceux que l’on aime et avec qui on a l’habitude de passer du temps de qualité.

9. Routine quand tu nous tiens !

Alors si la communication se construit au fil des échanges et des moments de partages du quotidien pourquoi ne pas tout simplement créer une routine qui lui soit dédiée ? Un moment de partage, en famille, ou en tête à tête. Cette habitude constructive peut être initie au moment du diner par exemple ou au coucher. Chaque membre de la famille, ou votre enfant et vous-même pourriez y partager votre top 3 des meilleurs moments de la journée. Une mini routine qui révolutionne le quotidien en famille. Je détaillerais les bienfaits de cette routine dans un prochain article inchAllah. La créativité sera votre alliée dans ce petit défi. A vous de vous créer une routine sur mesure, unique qui plaira à votre famille.

 

En appliquant ces conseils et en portant attention à la qualité de la communication entre votre enfant et vous, vous œuvrez à une belle relation d’avenir dans laquelle votre enfant devenu grand se sentira assez en confiance et écouté pour venir se confier à vous.

Il y aura peut être (certainement !) encore des jours où vos questions resterons sans réponses. Mais le lien crée vous permettra de plus facilement lâcher prise pour donner à votre enfant la liberté de venir vers vous dès qu’il en ressentira le besoin.

Pour approfondir ce sujet, vous trouverez dans la section Ressources, le replay d’un atelier sur le thème de la communication empli de clés à appliquer ainsi qu’une initiation à la Communication Non Violente. C’est par ici 😉

Camélia A.